Le Petit Ciré Jaune

L’agrément – Episode 1/3

29 octobre 2017
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L’adoption d’un enfant est un long parcours à l’issue incertaine, je l’ai évoqué récemment dans l’article du 6 octobre dernier. J’ai lu il y a quelque temps que « les routes les plus difficiles mènent aux plus belles destinations ». Si c’est vrai, l’arrivée de notre Petit Ciré Jaune sera incroyablement belle 😉 !

Notre démarche est initiée depuis plus d’un an déjà et différentes étapes nous ont conduits à l’obtention de notre agrément en vue de l’adoption d’un enfant. Nous n’avons pas beaucoup abordé le sujet avec notre entourage car, avant de partager toutes ces informations et tant que nous n’avions pas obtenu l’agrément, il était important pour nous de vivre ce moment à deux.

Il est donc temps aujourd’hui de restituer au mieux les étapes qui nous ont menés à l’obtention de notre agrément. Je donnerai peut-être parfois un niveau de détails qui vous paraîtra étonnant mais, si vous avez lu l’article Le Petit Ciré Jaune, vous savez que j’écris ces lignes à la fois pour associer nos familles et amis et bien évidemment pour lui.

L’initiation de la démarche pour obtenir notre agrément

Je crois que c’est important de préciser ici que notre démarche n’a pas été soudaine. Cela a été un cheminement progressif au fil de nos échecs en PMA. J’ai toujours eu tendance à anticiper l’étape suivante et les solutions que nous pouvions envisager en cas d’échec… comme si je savais au fond de moi que cela allait être compliqué. Nous étions conscients que la construction de notre famille via la PMA serait relativement incertaine. L’adoption ne nous apportait pas de garantie supplémentaire mais nous permettait de continuer à nous projeter dans l’éventualité où la PMA ne fonctionnerait pas.

Nous avons donc envisagé assez naturellement l’adoption comme une des possibilités de concrétiser notre projet de famille. Alors bien sûr, je n’irais pas jusqu’à dire que c’était une évidence ! Pour moi, le plus difficile dans l’adoption, c’est d’accepter d’être mère sans être enceinte. J’ai beaucoup souffert et j’ai beaucoup pleuré en pensant à cette éventualité. Je crois même que la filiation biologique m’importait moins que de vivre une grossesse. Mais, je dois dire que, malgré tout, envisager l’adoption m’a fait du bien : c’est un réel soulagement de ne plus espérer chaque mois être enceinte.

Je crois que l’évidence c’est notre future famille, notre rôle de parents, notre projet commun avec R.

Qu’est-ce qu’un agrément ?

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Conseil Général 44 – Bâtiment Germaine TILLION

 

Voici les informations données sur le site du Conseil Général de Loire-Atlantique :

L’agrément : indispensable pour adopter un enfant qu’il soit né en France ou à l’étranger, est un acte administratif, délivré par le Président du Conseil départemental du département de résidence. Il permet à une personne d’accueillir en vue d’adoption un pupille de l’État ou un enfant étranger.

L’agrément a une validité de 5 ans.

Sa notice d’accompagnement précise les possibilités d’accueil que le demandeur est susceptible d’offrir, notamment l’âge ou toute autre caractéristique relative à l’enfant.

L’agrément ne peut être utilisé qu’une seule fois. S’il a été accordé pour l’accueil de plusieurs enfants, celui-ci ne peut s’effectuer que simultanément.

 

Première réunion d’information

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Depuis fin 2015, je suis abonnée à la newsletter de l’Espace départemental Adoption de Loire-Atlantique. Je reçois chaque mois les informations au sujet des manifestations autour de l’adoption et notamment les dates des réunions d’information à destination des personnes ayant un projet d’adoption.

J’ai donc pris contact début 2016 avec le service Adoption du Département 44 pour nous inscrire à la réunion d’information du vendredi 26 février 2016.

Lors de cette réunion, les personnes souhaitant adopter un enfant sont informées :

des procédures administratives et judiciaires, des principes en matière d’adoption internationale,

des dimensions psychologiques, éducatives et culturelles de l’adoption

de la situation des enfants adoptables en France et à l’étranger.

Cette réunion est obligatoire pour initier la démarche. A l’issue de cette réunion, chaque couple ou personne souhaitant adopter un enfant se voit remettre un dossier de demande d’agrément.

 

 Le déroulement de la réunion

 

13h45, nous arrivons à l’Espace départemental Adoption. Plusieurs couples sont déjà là et attendent comme nous que la réunion démarre.

14h, la réunion commence par un tour de table. On nous demande de nous présenter en précisant :

  • notre âge,
  • notre situation matirmoniale,
  • pourquoi nous souhaitons adopter.

Il y a environ 8 couples et une personne seule. La plupart des couples a plus de 35 ans, voire 40 ans passés.

Les personnes du Conseil Général sont au nombre de 3 : la responsable du service Adoption, la personne en charge des adoptions internationales et une autre personne, travailleur social.

Il y a ensuite une présentation de la démarche d’adoption sur le plan administratif. On nous confirme ce que nous savions déjà : un couple pacsé ne peut pas adopter, il faut être marié.

On nous informe oficiellement que l’adoption est un parcours long et difficile et qu’il n’y a quasiment plus d’enfants en bas âge à adopter.

On nous parle aussi beaucoup de projet… Un projet d’adoption n’est pas que le fait de fonder une famille. C’est bien sûr le cas mais la réalité de l’adoption nécessite de penser l’adoption plus largement en tenant compte de différents paramètres : l’âge de l’enfant qui pourra nous être confié, son état de santé et son vécu. Le vécu de l’enfant est une notion très importante qui revient souvent dans tout ce que nous pouvons lire et entendre sur l’adoption. On nous dit que même un bébé de 3 mois a un vécu. Cela signifie que la vie de l’enfant adopté ne démarre pas au moment où l’on nous confie l’enfant. Il devra composer avec toute sa vie et nous aussi, de fait, si nous élevons cet enfant.

On nous parle également de l’adoption à l’international qui a drastiquement chuté (-80%) ces 10 dernières années… La plupart des enfants à adopter à l’international sont des enfants de plus de 5 ans et/ou des enfants à besoin spécifique c’est-à-dire avec un handicap (mental, physique, esthétique) ou des pathologies diverses (VIH, hépatite B ou C,etc). L’équipe du Conseil Général rebondit sur l’adoption dans les pays de l’ex-URSS qui peut s’avérer « risquée »  : cas d’enfants autistes ou victime du syndrôme d’alcoolisation foetale qui crée des lésions organiques irréversibles au niveau du cerveau. Ces pathologies ne sont pas forcément visibles au moment de l’adoption et certains pays peuvent aussi « cacher » ces pathologies ou handicaps.

Or, on nous fait bien comprendre que l’adoption est déjà en soi une parentalité spécifique, différente de la parentalité biologique. L’adoption d’un enfant avec un handicap est donc un projet encore bien particulier qu’il faut se sentir capable d’assumer. En bref, il ne faut pas vouloir un enfant à tout prix. On nous rassure complètement sur le fait que nous avons le droit de dire que nous ne voulons pas d’un enfant à besoin spécifique et que cela ne fait pas de nous de mauvaises personnes.

Dans certains pays, il est demandé aux couples d’être mariés depuis au moins 5 ans et il est préférable d’avoir « un peu » d’argent pour adopter un enfant à l’international (30 000€ en moyenne). Par ailleurs, il y a des pays qui traitent en priorité les dossiers des couples dont au moins l’un des deux est originaire du pays en question : lors de la réunion, un couple dont la femme était d’origine indienne, je crois, était dans ce cas-là. Il y avait aussi un couple d’origine maghrébine : dans la plupart des pays de droit musulman, l’adoption n’est pas reconnue au sens  du droit français (adoption simple ou adoption plénière). On parle plutôt de « kafala » qui au regard du droit français peut se rapprocher d’une délégation d’autorité parentale ou d’une tutelle. Il n’y a pas d’impact sur la filiation contrairement à l’adoption plénière que l’on connaît en France. Ces pays ne proposent donc pas d’enfants à l’adoption.

L’équipe du Conseil Général précise enfin qu’il est essentiel de comprendre que les services d’adoption placent toujours l’intérêt de l’enfant avant toute chose. Cela ne veut pas dire que l’on ne prend pas en considération la souffrance des personnes souhaitant adopter qui ont la plupart déjà un long parcours derrière elles (infertilité, échec PMA). Simplement, ce n’est pas ce qui guide les services sociaux.

Nous n’avons pas été surpris de toutes ces informations. Nous nous étions déjà renseignés.

16h, la réunion se termine. Nous repartons avec notre dossier de demande d’agrément.

 

Rendez-vous très bientôt, le prochain article sera consacré au dépôt de notre dossier d’agrément et aux entretiens qui ont suivi.

 

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7 Comments

  • Reply Françoise 1 novembre 2017 at 12 h 30 min

    Je reprends la phrase que tu as lue récemment et qui est très réconfortante, « les routes les plus difficiles mènent aux plus belles destinations ». L’arrivée de votre Petit Ciré Jaune sera alors une explosion de joie.

    • Reply Lubies Rousses 1 novembre 2017 at 13 h 13 min

      Oh oui… et ce sera aussi beaucoup d’émotions pour toute la famille ! Bisous

  • Reply Melle Bulle 1 novembre 2017 at 16 h 54 min

    Actuellement en cours de demande d’agrément, je vis ce moment beaucoup plus posément que la PMA. Pour ma part, le deuil de la grossesse a été assez simple à faire car j’ai réalisé que ce que je désirai c’était être mère; et non être enceinte. De ce fait, je navigue plus sereinement sur le long fleuve pas toujours très tranquille de l’adoption.
    Cette réunion marque la première vraie pierre posée à l’édifice … Je sais que le chemin pourra être long et tortueux, mais je sais qu’à la fin, quand on arrive au sommet de la montagne, on apprécie et on accepte toutes les difficultés endurées pour profiter d’une telle vue. Je suis sûre que ce sera pareil à l’arrivée de ton petit ciré jaune 🙂

    • Reply Lubies Rousses 1 novembre 2017 at 22 h 49 min

      Je crois être plus sereine moi aussi aujourd’hui depuis que nous avons entamé nos démarches pour adopter. Toutes ces démarches ont suscité pas mal de réflexions et nous ont amenées nous aussi à nous dire que ce que nous souhaitions plus que tout c’était une famille. Malgré tout, cela n’a pas été une évidence, et notamment lorsque nous étions encore en PMA, notamment lors des premiers essais, car nous voulions croire que cela allait marcher. J’avais donc un espoir très fort de maternité, de vivre l’expérience d’une grossesse. Se dire que l’on ne vivra pas ce que tant de femmes vivent très naturellement, j’ai trouvé cela difficile. C’est pour cela que je parle de cheminement. Et, le temps que prend l’adoption nous permet de tout façon d’y réfléchir et de nous projeter dans cette parentalité adoptive. Merci pour ce message très réconfortant… nous arriverons au sommet de la montagne, nous y croyons !

  • Reply Claire 28 novembre 2017 at 19 h 16 min

    J’ai enfin pris le temps de tout lire… et je prends aussi le temps de vous dire que je vous admire. Parce que vous gardez une joie de vivre de belles choses, de voir les personnes qui vous font du bien, d’ envie de tenter de  » bien vivre » avec cette absence et cette envie au fond de vous. Je vous ai toujours, toujours trouvé très forts tous les deux…. et votre amour et votre attention l’ un pour l’ autre malgré tout ça, ou grâce à ça (?) est un bonheur à voir. Courage! Plein de courage. La routete n’est pas droite, mais vous y arriverez!! Bisous

    • Reply Lubies Rousses 29 novembre 2017 at 13 h 39 min

      Coucou Claire, ton message m’a beaucoup émue (j’avais les larmes aux yeux…). Oui, c’est exactement ça, la route est quelque peu sinueuse mais nous sommes bien entourés et cela nous aide beaucoup !
      A bientôt pour un prochain moment de détente en ta compagnie… course à pieds ou beaujolais 😉 ? ! Plein de bisous.

      • Reply CLAIRE 30 novembre 2017 at 17 h 11 min

        Ou les deux???!!! Dès qu’on peut !! Bisousss

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